Préparer son projet

Cahier des charges de site internet : le guide pour bien préparer votre projet

Objectifs, pages, fonctionnalités, contenus, budget, délais : ce que doit contenir le cahier des charges de votre site internet, avec un plan à suivre.

Par Kévin Cadieu Publié le 10 min de lecture

Un cahier des charges de site internet est un document qui décrit ce que votre site doit accomplir et dans quelles conditions : votre activité, vos objectifs, vos cibles, les pages prévues, les fonctionnalités attendues, les contenus disponibles, vos attentes graphiques, les contraintes techniques, le budget et le calendrier. Pour un site vitrine de TPE, quelques pages bien pensées suffisent. Son rôle n’est pas d’impressionner : il permet d’obtenir des devis comparables, d’éviter les malentendus et de garder le projet sur les rails.

Je reçois régulièrement des demandes de devis qui tiennent en une phrase, et d’autres qui font trente pages sans dire l’essentiel. Voici le plan que je recommande, section par section, avec ce qu’il faut vraiment y mettre.

À quoi sert vraiment un cahier des charges

Un cahier des charges bien rédigé vous rend trois services concrets :

  • Clarifier votre propre besoin : en l’écrivant, vous vous posez des questions que vous n’auriez pas anticipées (qui mettra à jour le site ? qui rédige les textes ? que doit faire un visiteur en arrivant ?).
  • Obtenir des devis comparables : si trois prestataires reçoivent la même description, leurs propositions portent sur le même périmètre. Sans cela, vous comparez un site de cinq pages à un site de quinze.
  • Servir de référence pendant le projet : en cas de doute sur ce qui était prévu, on revient au document plutôt qu’à des souvenirs d’échanges téléphoniques.

Il n’a pas besoin d’être technique ni long. Un document clair de quelques pages, rédigé avec vos mots, est bien plus utile qu’un modèle générique rempli à moitié. Le vocabulaire technique, c’est au prestataire de le maîtriser, pas à vous.

Présenter votre activité et le contexte

Commencez par ce que le prestataire ne peut pas deviner :

  • Votre entreprise : activité, ancienneté, taille, zone géographique d’intervention, ce qui vous distingue de vos concurrents.
  • Votre situation actuelle : avez-vous déjà un site ? Qu’est-ce qui ne va plus ? Avez-vous une identité visuelle, un logo, une charte graphique ?
  • La personne référente : qui suivra le projet et validera les étapes de votre côté ? Qui a le dernier mot ?
  • Vos concurrents : deux ou trois sites de concurrents directs, avec ce que vous en pensez.

Si vous avez déjà un site, précisez aussi son adresse, la solution sur laquelle il repose, et si vous avez accès à la Search Console et aux statistiques. En cas de refonte, ces informations sont indispensables pour ne pas perdre les positions acquises : j’y consacre un article complet sur la refonte de site sans perte de référencement.

Définir les objectifs et les cibles

C’est la section la plus importante, et souvent la plus négligée. « Avoir un site moderne » n’est pas un objectif : c’est un moyen. Demandez-vous ce que le site doit produire pour votre activité. Quelques exemples d’objectifs concrets :

  • recevoir des demandes de devis qualifiées via un formulaire ;
  • être trouvé par des clients qui cherchent votre métier dans votre ville ;
  • faire gagner du temps en répondant en ligne aux questions répétitives (tarifs, zone d’intervention, déroulé d’une prestation) ;
  • rassurer un prospect qui vous a été recommandé et veut vérifier votre sérieux ;
  • vendre des produits en ligne ;
  • permettre la prise de rendez-vous sans passer par le téléphone.

Classez ensuite ces objectifs par ordre d’importance. Un site peut en servir plusieurs, mais il a toujours un objectif principal qui guide la structure des pages et l’emplacement des appels à l’action.

Décrire vos visiteurs

Pour chaque type de visiteur, notez en une ou deux lignes qui il est, ce qu’il cherche et ce qui le fera passer à l’action. Par exemple : « Particulier propriétaire, cherche un artisan disponible près de chez lui, veut voir des réalisations et être rappelé rapidement ». Cette simple description oriente beaucoup de décisions : les pages à créer, le ton des textes, les informations à mettre en avant.

Décrire l’arborescence et les contenus

L’arborescence, c’est la liste des pages et leur organisation. Vous n’avez pas besoin de la figer, mais une première proposition aide énormément. Pour un site vitrine, elle ressemble souvent à ceci :

  • Accueil
  • Une page par prestation ou par famille de services
  • Réalisations ou références
  • À propos (votre parcours, votre équipe, vos valeurs)
  • Tarifs, si vous souhaitez les afficher
  • Contact
  • Mentions légales et politique de confidentialité

Une page par prestation est presque toujours préférable à une seule page « Services » qui liste tout : chaque page peut alors répondre précisément aux questions de ceux qui recherchent cette prestation, et se positionner sur les recherches correspondantes.

Qui fournit les contenus ?

C’est la question qui fait le plus souvent glisser les calendriers. Précisez pour chaque type de contenu qui s’en charge :

Contenu Questions à trancher
Textes Rédigés par vous, par le prestataire, ou par un rédacteur ? Existants à reprendre ou à écrire ?
Photos Photos professionnelles existantes, séance à prévoir, ou banque d’images ?
Logo et charte Existants et utilisables en haute définition, ou à créer ?
Références clients Avez-vous l’accord de vos clients pour les citer ou montrer leurs projets ?
Traductions Le site doit-il exister en plusieurs langues, dès le départ ou plus tard ?

Lister et prioriser les fonctionnalités

Listez tout ce que le site doit faire, au-delà d’afficher des pages. Décrivez chaque fonctionnalité par son usage plutôt que par une solution technique : « le client choisit un créneau parmi mes disponibilités et reçoit une confirmation par e-mail » est plus utile que « un module de réservation ».

Ensuite, classez chaque fonctionnalité dans l’une de ces trois catégories :

  • Indispensable : sans elle, le site ne remplit pas son objectif.
  • Souhaitable : utile, mais le site peut être mis en ligne sans.
  • Pour plus tard : une idée à garder en tête pour une version suivante.

Cette priorisation est précieuse si votre budget est serré : elle permet de construire une première version solide, puis d’ajouter le reste. Quelques fonctionnalités courantes à envisager :

  • formulaire de contact ou de demande de devis, avec les champs dont vous avez besoin ;
  • interface d’administration pour modifier vous-même textes, images, actualités ;
  • prise de rendez-vous en ligne ;
  • boutique : catalogue, paiement, gestion des stocks et des expéditions ;
  • espace client ou espace réservé avec connexion ;
  • blog ou actualités ;
  • connexion à vos outils : CRM, logiciel de facturation, outil d’e-mailing.

Le niveau de fonctionnalités détermine aussi le type de projet. Un site de présentation relève de la création de site vitrine, une vente en ligne d’un site e-commerce, et des besoins métier spécifiques d’un développement sur mesure. Le cahier des charges vous aidera aussi à choisir la bonne base technique, un sujet que je détaille dans WordPress, Wix ou site sur mesure : que choisir ?

Exprimer vos attentes graphiques

Le design est la partie la plus subjective, donc celle qui mérite le plus de précisions. Plutôt que « un site moderne et épuré », fournissez :

  • Deux ou trois sites que vous aimez, de n’importe quel secteur, en expliquant ce qui vous plaît (les couleurs, l’espace, la typographie, la navigation).
  • Un ou deux sites que vous n’aimez pas, et pourquoi. C’est souvent encore plus parlant.
  • Votre identité visuelle existante : logo, couleurs, polices.
  • L’impression à produire : rassurant, haut de gamme, chaleureux, technique, accessible…

Précisez aussi si vous attendez des maquettes avant le développement et combien d’allers-retours sont prévus. Si vous n’avez pas encore d’identité visuelle ou si elle mérite d’être revue, cela peut faire partie du projet : c’est le rôle de ma prestation de design web et UX/UI.

Préciser les contraintes techniques et légales

Même sans connaissances techniques, vous pouvez renseigner les points suivants :

  • Nom de domaine : en avez-vous déjà un ? À quel nom est-il enregistré, et chez quel registraire ?
  • Hébergement : avez-vous un hébergeur actuel, un contrat en cours, des adresses e-mail liées au domaine ? Une migration d’hébergement doit préserver vos e-mails.
  • Outils existants : logiciels avec lesquels le site doit communiquer.
  • Maintenance : qui s’occupera des mises à jour et des sauvegardes après la mise en ligne ?
  • Référencement : sur quelles recherches souhaitez-vous être trouvé ? Quelle zone géographique ?

Côté légal, un site professionnel doit notamment afficher des mentions légales et, dès qu’il collecte des données personnelles (formulaire, cookies de mesure d’audience), respecter le RGPD : politique de confidentialité, recueil du consentement pour les cookies non essentiels. Si vous vendez en ligne, des conditions générales de vente sont aussi nécessaires. Selon votre activité, des obligations d’accessibilité numérique peuvent également s’appliquer : mentionnez-le si vous êtes concerné. Votre prestataire met en place la partie technique, mais le contenu juridique relève de votre responsabilité.

Indiquer le budget et le calendrier

Beaucoup de personnes hésitent à indiquer leur budget, de peur qu’on le consomme entièrement. En pratique, c’est l’inverse : sans fourchette, le prestataire doit deviner le niveau de finition attendu, et vous recevez des propositions impossibles à comparer. Une fourchette honnête permet de vous proposer un périmètre réaliste, quitte à prévoir certaines fonctionnalités pour une seconde étape.

Pour vous donner un repère, mes tarifs démarrent à 1 900 € pour un site vitrine, 1 200 € pour une refonte et 3 000 € pour une application web sur mesure. Le montant final dépend du nombre de pages, du niveau de personnalisation et des fonctionnalités.

Le calendrier

Indiquez :

  • la date souhaitée de mise en ligne, et si elle est impérative (salon, ouverture, saison) ou indicative ;
  • vos périodes d’indisponibilité pour les validations ;
  • le temps que vous pourrez consacrer au projet, notamment pour les contenus.

Pour un site vitrine, je compte en moyenne entre 4 et 8 semaines entre le premier échange et la mise en ligne. La principale variable n’est presque jamais le développement : c’est la rapidité de validation des maquettes et la disponibilité des contenus.

Les erreurs fréquentes

  • Décrire des solutions plutôt que des besoins : « il me faut telle extension » ferme des portes. Décrivez ce que vous voulez obtenir, le prestataire proposera le moyen.
  • Tout mettre au même niveau : sans priorisation, chaque idée devient une exigence et le budget explose.
  • Oublier l’après : maintenance, hébergement, évolutions, formation à l’administration du site.
  • Sous-estimer les contenus : un site sans textes prêts n’avance pas, quelle que soit la qualité du développement.
  • Recopier un modèle trouvé en ligne sans l’adapter : des rubriques vides ou hors sujet brouillent le message.
  • Ne pas désigner de décideur : quand plusieurs personnes valident sans arbitre, les allers-retours se multiplient.

Le plan type à reprendre

Voici la structure que vous pouvez reprendre telle quelle pour votre document :

  1. Présentation : entreprise, activité, zone d’intervention, personne référente.
  2. Contexte : site existant, ce qui ne fonctionne plus, concurrents.
  3. Objectifs : objectif principal, objectifs secondaires, indicateurs de réussite.
  4. Cibles : types de visiteurs, leurs attentes, ce qui les fera agir.
  5. Arborescence : liste des pages envisagées.
  6. Contenus : textes, photos, logo, qui fournit quoi.
  7. Fonctionnalités : indispensables, souhaitables, pour plus tard.
  8. Design : sites de référence, identité existante, impression recherchée.
  9. Technique et légal : domaine, hébergement, outils, maintenance, obligations légales.
  10. Budget et calendrier : fourchette, date de mise en ligne, disponibilités.

Une fois votre document prêt, restez attentif aux questions que vous posent les prestataires : un professionnel qui cherche à comprendre votre activité avant de chiffrer est généralement bon signe. Pour savoir à qui l’envoyer, mon article freelance ou agence web à Rennes compare les deux options.

Un bon cahier des charges ne répond pas à toutes les questions : il pose les bonnes, et dit clairement ce qui compte le plus pour vous.

Vous n’avez pas le temps de tout formaliser, ou vous ne savez pas par où commencer ? Envoyez-moi ce que vous avez, même en vrac : quelques lignes sur votre activité et vos objectifs suffisent pour un premier échange. Demandez un devis gratuit pour votre site, ou parcourez d’abord l’ensemble de mes services de création et de développement web.

Questions fréquentes

Le cahier des charges engage-t-il juridiquement ?

Le cahier des charges en lui-même exprime votre besoin. C’est le devis ou le contrat signé qui engage les deux parties : il est donc utile qu’il fasse référence au cahier des charges, ou qu’il reprenne précisément le périmètre convenu.

Peut-on modifier le cahier des charges en cours de projet ?

Oui, un projet vit et certains besoins apparaissent en cours de route. L’important est que chaque modification soit écrite et chiffrée si elle sort du périmètre initial, pour éviter les malentendus sur le budget et les délais.

Faut-il envoyer le cahier des charges à plusieurs prestataires ?

C’est même recommandé : un document identique vous permet de comparer des propositions sur une base commune. Pensez simplement à préciser votre calendrier de décision pour que chacun sache quand vous reviendrez vers lui.

Mon prestataire peut-il rédiger le cahier des charges à ma place ?

Il peut vous aider à le formaliser, notamment pour la partie technique et fonctionnelle, souvent à partir d’un premier échange. Mais personne ne connaît votre activité, vos clients et vos objectifs mieux que vous : ces éléments doivent venir de vous.

Besoin d’un coup de main pour votre projet web ?

Je vous accompagne de l’analyse de votre besoin à la mise en ligne, avec un interlocuteur unique et des explications claires.

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